Les impromptus de Saint-Ange édition 2024

Quand une cathédrale se regarde dans le miroir d’une autre cathédrale.

Depuis l’incendie de Notre- Dame de Paris, il y a cinq ans, à chaque festival des Écrivains du Sud, j’ai interrogé Maryvonne de Saint Pulgent, ancienne directrice du patrimoine au ministère de la culture, sur le sens de la restauration d’un bâtiment chargé d’histoire et de spiritualité.
Nos amis s’en souviennent, nous avons étudié la cathédrale comme lieu de foi et de pouvoir du monde médiéval à nos jours. Nous avons aussi évoqué à la lumière du chantier les diverses restaurations de l’édifice religieux et réhabilité le parti pris de Viollet -le-Duc.
Est né un livre superbe d’intelligence et d’érudition, écrit dans la justesse et la simplicité, La Gloire de Notre- Dame.
Comment, pour notre dernier entretien, ne pas accueillir l’esprit de Notre- Dame dans la cathédrale Saint -Sauveur pour y faire parler la pierre, la musique et donner la parole à la littérature.

Dans l’Impromptu de Saint- Ange du 10 avril ce sont deux musiciens qui se sont entretenus à travers la musique de l’orgue de Saint- Sauveur, Grégoire Rolland, compositeur, organiste, premier prix du conservatoire de Paris et Maryvonne de Saint Pulgent, pianiste et, elle aussi, premier prix du conservatoire de Paris. Ensemble, ils ont choisi les musiques de Balbastre, de Racquet et surtout de Vierne, le célèbre organiste de Notre- Dame qui jouait sur un orgue de Cavaillé-Coll, « l’inventeur de l’orgue symphonique qui remplace l’orgue classique dans la reconquête des âmes catholiques après la Restauration ». Or Saint- Sauveur possède un orgue de la même facture apte à soutenir et à déployer la grande musique de Vierne et à permettre à Grégoire Rolland sa magistrale improvisation finale. Dominique Bluzet qui nous fit l’honneur de lire, comme des oratorios, les grands textes de Durand de Mende à Huysmans sur Notre- Dame a rappelé qu’une Cathédrale est d’abord un « grand livre de pierre » dont le texte symbolique est porté par l’architecture, qui devient alors prière. Porté par la poésie de Théophile Gautier, l’acteur Bluzet eut le dernier mot : « entre le Festival de Pâques et les Impromptus de Saint-Ange il n’est finalement question que de spiritualité. » Paule Constant